Psychopathie et psychopathe

Article inspiré de l’histoire récente d’une copine … maintenant séparée 😘

Psychopathie : Définitions

Selon les DSM-IV et DSM-V (Manuels Diagnostique et Statistique des troubles Mentaux), cette maladie n’est pas un trouble psychique comme le sont les bipolarités, schizophrénies, comportements alimentaires déviants, dépressions, phobies, … mais fait partie des troubles complexes de la personnalité tels que : paranoïas, schizoïdes, schizotypiques, antisociales, borderlines, histrioniques, narcissiques, évitants, dépendants, obsessionnels-compulsifs.

Il s’agit d’un trouble sociologique et non psychiatrique !

Dans cet article, il s’agit de psychopathie, trouble complexe de type antisocial (ASPD). Même si ce trouble social peut interagir et/ou accentuer d’autres troubles psychiques comme la schizophrénie ou la dépression bipolaire, ce trouble est social. Le psychopathe est déterminé comme antisocial car il présente une déficience grave, voire une incapacité, à avoir un comportement empathique, bienveillant, responsable, ou juste conforme à la plus simple des lois.

Ce trouble touche 4% des hommes et 1% des femmes, mais rassurez-vous 😒 un grand nombre ne sont pas détecté puisqu’ayant des comportements calculateurs, froids et prédateurs, provoquant des dommages incroyables à d’autres personnes. Soit une personne sur vingt-cinq au pire, ce qui vous donne tout de même une grande probabilité d’en croiser plusieurs au cours de votre vie.

Ce trouble à plusieurs niveaux d’importance, entre psychopathie modérée, ou dangereuse pour les autres, jusqu’à un passage à l’acte criminel. D’ailleurs, 60% des personnes incarcérées sont des psychopathes : il y a un lien concret entre trouble psychopathique et délinquance.

Même si un diagnostic de psychopathie repose sur des comportements antisociaux, ses comportements n’aboutissent pas exclusivement à des conséquences criminelles. Un psychopathe n’est pas un assassin parcourant des couloirs sombres dès la tombée de la nuit.

En revanche, le parcours de vie d’un psychopathe est communément chaotique, marqué de précarité et d’instabilité, aussi bien professionnellement que socialement ou sentimentalement.

Psychopathe, je suis ? 🧛‍♀️

La définition d’une personnalité psychopathique antisociale selon le DSM-IV est caractérisée par les quatre points suivants :

  1. Mode de fonctionnement général de mépris et de transgression des droits d’autrui qui survient depuis l’âge de 15 ans, associé à au moins trois des manifestations suivantes :
    • Incapacité de se conformer aux normes sociales qui déterminent les comportements légaux, comme l’indique la répétition de comportements passibles d’arrestation,
    • Tendance à tromper par profit ou par plaisir, indiquée par des mensonges répétés, l’utilisation de pseudonymes ou des escroqueries,
    • Impulsivité ou incapacité à planifier à l’avance,
    • Irritabilité ou agressivité, indiquée par la répétition de bagarres ou d’agressions,
    • Mépris inconsidéré pour sa sécurité ou celle d’autrui,
    • Irresponsabilité persistante, indiquée par l’incapacité répétée d’assumer un emploi stable ou d’honorer des obligations financières,
    • Absence de remords, indiquée par le fait d’être indifférent ou de se justifier après avoir blessé, maltraité ou volé autrui,
  2.  Âgé d’au moins 18 ans,
  3. Manifestations d’un trouble de conduite débutant avant l’âge de 15 ans,
  4. Les comportements antisociaux ne surviennent pas exclusivement pendant l’évolution d’une schizophrénie ou d’un épisode maniaque (Nda : dans le sens où le trouble psychique n’est pas constitutif du trouble antisocial).

Au-delà de 40 ans, les symptômes de la psychopathie s’apaisent.

Amusons-nous au bureau :
Trouvez le psychopathe du service

Les critères diagnostiques d’une personnalité psychopathe constituent le test de Hare. Sur une liste des vingt critères ci-après, donnez une évaluation :
– 0 : ce n’est pas du tout lui,
– 1 : c’est lui, mais pas tout à fait,
– 2 : c’est totalement lui.

CritèreNotation (0,1 ou 2)
Aisance orale et charme superficiel, séducteur
Très grande estime de soi/arrogance
Tendance pathologique au mensonge
Tendance à la ruse et à la manipulation
Absence de remords ou culpabilité
Aucune profondeur émotionnelle/implication émotionnelle superficielle
Insensibilité et manque d’empathie
Refuse de reconnaître la responsabilité de ses actions
Tendance à l’ennui
Mode de vie parasitaire/vit aux dépens de tiers et de l’entourage
Manque d’objectifs réalistes à long terme
Impulsivité/tendances violentes
Comportement irresponsable
Manque de contrôle comportemental
Comportement juvénile difficile
Délinquance juvénile
Polyvalence criminelle
Antécédents de libération conditionnelle rompue
Multiples mariages
Comportements sexuels chaotiques

Alors ce collègue, psychopathe ou non ?

  • Additionnez les premiers choix : il valent rien 😁,
  • Additionnez les deuxièmes choix, gardez ce chiffre en mémoire,
  • Additionnez les troisièmes choix et multipliez ce total par 2,
  • Additionnez le tout.

Une personne « normale » obtiendra un score de 5, un bon vieux psychopathe dans toute sa splendeur un score d’au moins 40. À partir de 30, un sérieux doute est confirmé 🤔.

Psychopathie et défaut d’empathie

Tout le monde est capable de décrypter chez un interlocuteur les signaux extérieurs des pensées et sentiments : yeux noirs, colères, sourires. Les personnes empathiques ressentent les sentiments des autres, sont joyeux quand son interlocuteur est joyeux, etc. Les psychopathes sont, comme tout le monde, capables de décrypter les sentiments, mais eux ne le ressentent pas, un interlocuteur qu’il met en colère ne lui fera pas plus d’effet que d’habitude.

Savoir connaitre les sentiments des autres, additionner à leur caractère froid et calculateur leur permet de manipuler les personnes contre elles-mêmes, notamment envers les personnes faisant preuve d’un sentiment de vulnérabilité (désœuvrées, tristes, seules …).

Bien évidemment, et vous vous en doutez bien, il est ainsi facile de faire un rapprochement avec certaines personnalités dépourvues de sentiments a priori, un Dirigeant qui licencie 300 personnes ou le cynisme de certains managers. En soi, leur métier exige un nouveau d’engagement et une certaine prise de responsabilité, de là à dire que tous les dirigeants sont des psychopathes, c’est généraliser une idée totalement fausse. Rien ne prouve qu’ils le vivent bien, amis ils se savent capable de dissocier obligations professionnelles et convictions personnelles, sinon ils feraient un autre boulot. Surtout, même si une action vous parait grave, elle n’est systématiquement pas l’origine d’un trouble.

Cela dit, vous seriez surpris du nombre de vos connaissances qui obtiendraient un résultat d’environ vingt au test de Hare, on y lirait une légère tendance psychopathique, mais sans comportements problématiques selon les critères sociaux occidentaux. Regardez simplement autour de vous, certaines personnes sont capables de parler d’eux-mêmes, quelque peu enjôleuses, certaines autres personnes utilisent les autres de manière naturelle et normale, avec un certain égoïsme à peine voilé : un gars qui sort de l’immeuble sans tenir la porte à sa conjointe juste derrière lui.

Tout ça n’a pas réellement de conséquences néfastes, et n’a pas de conséquences défavorables dans beaucoup de situations. C’est même un avantage dans certains métiers, pour lesquels les scrupules moraux sont peu efficients, ou encore d’autres métiers dans lesquels l’indifférence au malheur ou à l’honnêteté est un avantage.

Psychopathie et symptômes

Parmi les symptômes primaires, le psychopathe « passe à l’acte », a une répétitivité dans ses comportements, a une vie quotidienne relativement passive, voire oisive. Socialement, il est dépendant des autres, a des réactions mégalo (folie des grandeurs, surestimation de ses capacités, amour exclusif de soi), a un besoin de recouvrir à ses envies immédiatement.
Parmi les symptômes secondaires : une instabilité à se poser, peu de centres d’intérêts (i.e. oisiveté), une instabilité relationnelle, des maladies somatiques.

Psychopathie et Origines du trouble

Biologiquement

Il semblerait qu’il existe une carte génétique établissant des liens entre les niveaux des principaux neurotransmetteurs et des traits de caractère. Chaque trait, recherche de nouveauté, inhibition et sociabilité, étant relatif à un neurotransmetteur dosable dans le sang : la dopamine, la sérotonine et la noradrénaline.

Un taux bas de sérotonine est associé à l’impulsivité et à la violence. C’est pourquoi le traitement médicamenteux des niveaux des neurotransmetteurs influe sur le comportement en lien avec le trait de personnalité.

Sociologiquement-Psychologiquement

La base du trouble est constituée d’un mélange de frustrations affectives et d’une angoisse permanente d’abandon, de pertes et de morcellement. Elle a souvent pour origines des expériences multiples d’abandons, brisant les liens affectifs de manière précoce ; par exemple chez un enfant transporté entre une mère biologique et une adoptive, puis placé en institution, ou avec une absence marquée du père que ce soit physiquement ou sur le plan symbolique.

L’origine peut aussi être les violences physiques ou sexuelles, agressions répétées, plusieurs deuils dans la famille proche, des accidents ou des successions de maladies.

Par son comportement caractérisé par des prises de risques extrêmes, le psychopathe reproduit ces successions d’événements traumatiques dans la seule idée de se protéger du sentiment englobant d’abandon.

Le psychopathe recherche alors des sensations fortes : défonces aux drogues durs, alcoolisations sévères, prises de risques avec une espérance forte d’accidents graves.

Psychopathie : c’est grave, docteur ?

Le pronostic de la psychopathie et sa prise en charge ne sont pas encore terribles. La mortalité est importante du fait de la violence, du risque et des comportements addictifs.
Une prise en charge thérapeutique est possible, mais doit se faire en cohérence avec un suivi social.

Ce trouble est d’ordre social (humain) et non psychanalytique (médical), il est vraiment important de comprendre que ce n’est pas un désordre psychique, mais une construction de la carte mentale de la personne.

C’est pourquoi la psychanalyse classique est généralement inadaptée, et il est nécessaire de se tourner vers des thérapies cognitivo-comportementales et psycho-dynamiques.

Des médicaments peuvent amoindrir les conséquences des symptômes pour un temps, mais leurs efficacités sont décevantes : anxiolytiques ou neuroleptiques agissent sur les comportements agressifs et impulsifs, antidépresseurs, antiépileptiques, thymorégulateurs, lithium… mais aucun médicament ne traite le trouble.

Psychopathie : S’informer

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Résumé :

  • Avez-vous parfois l’impression que vos proches ne aiment pas suffisamment ou ne vous comprennent pas autant que vous le souhaiteriez ?
  • Éprouvez-vous un sentiment d’imperfection ?
  • Croyez-vous qu’on ne pou vous aimer et vous accepter tel que vous êtes si on connaissait vraiment ?

 

Dans ce cas, vous êtes sous l’emprise d’un schéma qui vous fait adopter des conditions d’échec.
Un schéma a son origine dans votre enfance influence toute votre vie. Dans cet ouvrage, les auteurs font appel aux ressources innovatrices de la thérapie cognitive dans le but de vous aider à identifier et à modifier vos pensées, vos sentiments et vos comportements inefficaces.
Il décrit onze schémas fondamentaux, élabore pour chacun un test diagnostique et propose des méthodes progressives pour vous aider à surmonter vos anciennes blessures, vos croyances nocives et vos comportements négatifs.
Grâce aux précieux outils proposés dans ce livre, vous obtiendrez des résultats inspirants et vous apprends mieux vous connaître.

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