Olivier Maisonneuve, Facilitateur de vie à MyniceFamily, vous présente le truc du weekend.

Le syndrome de la chaussette

Il était une fois, il y a longtemps, trèèèès longtemps, un copain a déclaré un jour, après avoir passé 10 minutes à choisir une paire de chaussettes chez lui :
– « Celles-là, c’est mieux, elles sont repassées ! »
Moi, interloqué :
– « Ah bon, repassées ? Et alors ? »
– « Ben oui, c’est plus hygiénique ! »
– « Ah ?? »
– « Oui, c’est ma mère qui me l’a dit ! »

Point, fermez le ban, fin de la discussion.


Autant dire, cette anecdote me revient à l’esprit à chaque fois que j’entends des parents raconter des ‘carabistouilles’ à leurs enfants.


J’ai trop vu de parents se débarrasser d’une explication (« de toute façon, tu ne comprendras pas ! ») ou inventer des fausses raisons pour éviter une explication ou trop frontale ou trop longue. Le pire étant d’inventer des stratagèmes d’évitement « Oh, regarde le poney, là ! ».

D’accord, des fois on est fatigué, entre pas le moment et pas le courage, c’est humain. Dans ce cas, on évite de répondre à côté, en disant clairement « plus tard, je ne sais pas, pas le moment ».

Mettez-vous à la place de votre enfant, quel que soit son âge, il ‘ressent’ le décalage si une réponse est rationnelle, logique ou non, au même titre qu’une punition justifiée ou non, sur-dimensionnée ou non.

Pour un enfant, une réponse décalée laissera un sentiment diffus, intriguant, déstabilisant; un sentiment naviguant entre vous avez raison parce que vous êtes LE parent, et le sentiment que la partition n’est pas très bien écrite.


Le véritable danger est de perdre en crédibilité aux yeux de votre enfant, chaque action/intervention/demande, aura comme réponse un levage des yeux au ciel, avec un « Cause toujours ! » claquant et définitif !

Les conséquences seront là, concrètement, vous lui parlerez et il vous répondra les yeux vides.

Surtout :

  1. L’enfant vous remettra en cause, vous ne serez plus son référent, son socle inaltérable,
  2. Ses croyances seront mises à dure épreuve, trop, et il ira chercher son propre cercle de confort à l’extérieur, dans des cercles de croyances qu’il comprendra,
  3. Intimement, le gamin ne posera plus de questions, puisqu’il saura d’avance que les explications ou réponses apportées seront des mensonges, ou en tout cas pas crédibles,
  4. Et in fine, comment voulez-vous qu’il ait confiance en lui si ses bases référentielles sont bancales ?

J’en fais trop ?
Et bien regardez-vous : tout le monde s’est retrouvé dans une telle situation un jour ou l’autre, avec un professionnel dont la facture augmente sans raison à chaque question : plombier, garagiste, politicien, architecte, …  votre intuition fait clignoter la petite alarme, 2, 3, 5 fois et vous perdez confiance dans la profession !

Même chose pour le travail de parent. Ce n’est pas différent.


Au-delà du côté un peu définitif de la déclaration de mon ami, c’est surtout le manque de recul sur son éducation qui m’a le plus interloqué qu’autre chose. Certes, certains enfants sont plutôt passifs et ne se poseront pas de questions, mais tout de même. Dans ce cas, il ne s’est jamais posé la question de savoir si sa mère avait tort ou raison.

Dans ce sens, est-on strictement obligé d’appliquer l’éducation que l’on a reçue sans se poser de questions ou doit-on prendre du recul et essayer d’adapter à sa sauce ?


Et vous quelles anecdotes vous viennent à l’esprit, quelles carabistouilles avez-vous crues pendant des années ?


Facile à dire, pas facile à faire ? Prenez rendez-vous en cliquant sur mon logo  

Facilitateur de vie à Courbevoie

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